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La crypte romane

La crypte, une merveille d’architecture romane

Vestige du précédent édifice, la crypte, bâtie vers 1023-1035, sert de soubassement au chœur gothique édifié à partir de 1215. Cette crypte n’a semble-t-il jamais eu de rôle liturgique particulier, de type « reliquaire » (vénération d’un corps saint).

La qualité des maçonneries (grand appareil de pierres parfaitement équarries et jointives), la conception de l’espace (grande nef à déambulatoire et chapelle d’axe, préfigurant le modèle « classique » des chevets romans postérieurs), la parfaite articulation des travées entre elles, avec piles composées (noyau central et colonnes engagées) et puissants arcs doubleaux, en font une réalisation majeure de l’art roman du début du XIe siècle. Elle constitue un important jalon dans les expériences qui, à cette date, définissent les éléments de ce qui deviendra quelques décennies plus tard la « grammaire architecturale » de l’art roman à son apogée.

nef-crypte-import La nef de la crypte XIe siècle

Les Peinture murales : L’exceptionnel décor peint (XIe et XIIIe siècles)

Le Christ à cheval (XIe siècle)
La voûte de la chapelle axiale, dite du Saint-Esprit, s’orne d’une très célèbre fresque de la fin du XIe siècle : une superbe croix monumentale à décor de cabochons, rappelant les chefs-d’œuvre de l’orfèvrerie, divise l’espace en quatre quartiers. Au centre, nimbé de l’auréole crucifère (qui porte la Croix), vêtu de rouge et la règle de fer dans la main droite, le Christ s’avance sur un cheval blanc, conformément à la vision de l’apôtre Jean.
« Alors je vis le ciel s’ouvrir : c’était un cheval blanc ; celui qui le monte se nomme Fidèle et Véritable. Il juge et combat avec justice (…). Il est revêtu d’un manteau trempé de sang et se nomme Parole de Dieu. Les armées du Ciel le suivaient sur des chevaux blancs (…) ». (Apocalypse 19, 11-17).
Le visage méditatif et apaisé du Christ n’est pas tant celui d’un juge que celui d’un Dieu de paix.
Dans les quartiers, les quatre anges cavaliers marchant au pas de parade figurent l’armée céleste.
L’œuvre renvoie par là même à d’autres références bibliques (l’entrée du Christ à Jérusalem) ou profanes (les entrées solennelles des empereurs antiques et carolingiens dans les villes de leur empire). C’est en tout cas le triomphe du Christ qui est au cœur du sujet.
Cette majestueuse composition est l’ultime vestige d’un décor qui embellissait une partie de la crypte.
Des recherches récentes ont mis en évidence la présence d’autres scènes, en particulier sur le mur droit de la chapelle, de thèmes apocalyptiques : saint Michel combattant le dragon qui tente de dévorer la femme enceinte dans le ciel.

christ-apocalypse-importLe Christ de l’Apocalypse

Le Christ en gloire (XIIIe siècle)

Véritable théophanie (révélation de Dieu), la représentation romane de l’apparition du Roi des Rois était accompagnée, au cul-de-four de la chapelle, d’un Christ en majesté qui fut remplacé, à la fin du XIIIe siècle, par une peinture gothique de même sujet. Assis au centre d’un quadrilobe figure de l’infini, le Souverain tient en sa main gauche le Livre portant l’Alpha et l’Oméga, symboles d’éternité (Apocalypse 22, 13), ainsi que le globe de l’univers surmonté de la Croix. Il bénit de sa droite. Des quatre signes qui se rattachent aux quatre évangélistes, le lion de saint Marc, le taureau de saint Luc, l’homme ailé de saint Matthieu et l’aigle de saint Jean, seuls les deux derniers subsistent autour du Christ.

christ-gloire-importLe Christ en Gloire