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Les aménagements

Au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, l’actuelle cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre fut le théâtre de nombreuses transformations principalement destinées à embellir l’édifice, selon les goûts des époques successives.

Un édifice de la Renaissance
La chapelle Notre-Dame-des-Vertus

Soucieux de donner plus d’éclat au culte populaire de la Vierge Marie, les chanoines décidèrent vers 1550 de bâtir contre le flanc sud de la cathédrale une chapelle digne de la Mère du Sauveur.
Il s’agissait de remplacer le modeste mais célèbre oratoire plaqué en façade, près du portail de droite (sud) et qui abritait, au moins depuis le XIVe siècle, une « image » (statue) dite « Notre-Dame-des-Miracles » ; celle-ci faisait l’objet d’un culte très populaire dans toute la région. Aussi le chapitre fit-il édifier une magnifique chapelle de style Renaissance, achevée en 1561 mais saccagée par les Protestants en 1567. Mal réparée, la voûte finit par s’effondrer en 1780. Ne subsistent aujourd’hui que les voussures du chœur au délicat décor à caissons. La statue de pierre du XVIe siècle qui s’y trouvait fut alors transférée dans la chapelle axiale de la cathédrale où elle se trouve encore aujourd’hui.

 

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Notre-Dame des Vertus XVIe siècle

Un miracle devant Notre-Dame

L’événement rapporté dans ce texte s’est déroulé à l’extérieur de la cathédrale, devant la statue installée à la base de la tour Sud et connue sous le nom de « Sainte-Marie-des-Miracles » ou « des-Vertus » :

« Aujourd’hui se sont présentés au chapitre (de la cathédrale) Chicotin de Jaulges, du diocèse de Sens, Marguerite son épouse, et Jean Chicotin leur fils, qui ont rapporté, ainsi que de nombreux autres témoins, que, la veille, le fils en question, mordu par un cheval enragé, était devenu enragé et avait été attaché pour cette raison.
Voyant cela, le père de cet enfant âgé de 20 ans ou environ, invoqua pour lui saint Denis et la très glorieuse Vierge Marie du portail de l’église d’Auxerre, pensant que ce serait un moyen de guérison pour son fils, vue l’abondance des bienfaits dus aux mérites de saint Denis et de la glorieuse Vierge Marie. Il fit donc monter son fils attaché sur un attelage pour le conduire là-bas ; l’accompagnaient sa mère , déjà citée, Jehan le Trousselat, son parrain, Jaquetin Paquinot, André Le Ravier, Jehan de Glan, Privé Farine, Jehannette épouse de Jehan Piquié…
Peu après, alors qu’ils faisaient route vers Saint-Denis (1) et Auxerre, le fils se trouva mieux et réclama son père ; celui-ci était resté dans sa maison de Jaulges, en proie à une trop grande douleur. Le fils demanda que quelqu’un aille parler à son père, lui dire qu’il était en bonne santé ; et il dit à ceux qui l’accompagnaient et l’avaient attaché, qu’il ne leur ferait plus de mal. Ils le délivrèrent, et le conduisirent d’abord à Saint-Denis, puis à la chapelle Sainte-Marie déjà citée, au portail de l’église d’Auxerre, où il passa toute la nuit dernière ; il se sentit alors de mieux en mieux. 
»

 (1) Chapelle Saint-Denis, à Villeneuve-Saint-Salves, sur la route entre Jaulges et Auxerre. (R.N.77 actuelle)
(Texte latin dans : Abbé Lebeuf, Mémoires… Ed. 1848-1855, T. IV, p. 224. Trad. C. Beaudot et P. Wahlen)

 

Le chœur et le sanctuaire au XVIIIe siècle

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La clôture du choeur XVIIIe siècle

Les restaurations effectuées après le sac protestant de 1567 avaient permis de remettre l’édifice à-peu-près en état. Mais les goûts évoluaient et, au XVIIIe siècle, le chapitre décida de rénover en profondeur tout le mobilier et le décor du chœur.

Ces grands travaux furent menés en deux campagnes, la première, se déroula de 1742 à 1746, et concerna essentiellement le nouveau jubé et la clôture du chœur. Pour la seconde, conduite en 1767-1774, le chapitre demanda un projet au célèbre architecte Claude-Nicolas Ledoux ; on s’attacha surtout aux autels du sanctuaire et des transepts. Par ailleurs, les piliers du sanctuaire furent ornés de cannelures peintes de style « classique », qui furent effacées vers 1840.

Natif d’Irancy près d’Auxerre, le grand architecte Germain Soufflot (+ 1780), bâtisseur de Sainte-Geneviève de Paris (le Panthéon actuel), était émerveillé par la qualité de l’architecture gothique de la cathédrale. Visitant cette dernière, peut-être au moment où les travaux de rénovation allaient bon train, il se serait écrié : « Que n’ai-je fait cela pour ma gloire! », et aurait conseillé aux chanoines de ne rien rajouter à l’église, disant « qu’elle était ornée par elle-même ».