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Christianisation et diocèse

chapelle saint pelerin-import

Vitrail de la chapelle St-Pélerin, XIXe siècle

Fondation légendaire du siège épiscopal d’Auxerre : envoyé par le pape Sixte II (en bas à gauche), Saint Pélerin fait bâtir une première cathédrale, évangélise l’auxerrois, refuse de vénérer les idoles païennes et subit le martyre de la décapitation vers 275 (en haut à droite).

 

La christianisation de l’Auxerrois

L’antique Autessiodorum paraît être une ville de fondation romaine du Ier siècle bâtie sur l’axe routier majeur qui relie le monde méditerranéen au Bassin parisien et à l’Europe du Nord par la vallée du Rhône, la Via Agrippa, dont l’actuelle RN-6 reprend le tracé : Lyon, Autun, Auxerre, Sens, Lutèce, Boulogne.

D’abord installée en plaine, au bord de l’Yonne, au point de rencontre des voies terrestres et de la rivière, la ville se déplace à la fin du IIIe siècle, lors de troubles qui agitent l’Empire, sur un promontoire naturel proche et se dote de remparts qui forment le castrum (enceinte fortifiée) délimitant l’actuel hypercentre historique. Cette cité primitive, qui s’entoure de faubourgs et d’abbayes, reste ainsi définie jusqu’à ce que, vers 1160-1190, les comtes d’Auxerre fassent bâtir une nouvelle enceinte qui englobe tout le bâti.

Le christianisme, qui se diffuse au IIe siècle dans le Sud de la Gaule et le sillon rhodanien gagne logiquement les cités plus septentrionales à partir des foyers intellectuels, religieux et commerçants de Lyon et d’Autun. Valerianus est le premier évêque d’Auxerre connu par les sources ; sa présence est attestée ici en 346, date à laquelle apparaissent aussi les premiers noms des évêques de Troyes, Sens ou Paris. Beaucoup plus tard, les chanoines de la cathédrale, tentant de reconstituer les débuts de la liste épiscopale, feront de Saint Pèlerin le premier d’entre eux. Mais la légende se confond ici avec l’histoire.

 

Le diocèse, de Bassou à la Loire

Jusqu’à sa suppression à la Révolution française, le diocèse garde la forme de la « cité » d’Auxerre, vaste subdivision administrative gallo-romaine, à laquelle il s’est substitué. Il allait alors de Bassou (au Nord d’Auxerre) à Nitry, à l’Est, et jusqu’à la Loire, de Gien à La Charité-sur-Loire. Le territoire débordait donc sur les actuels départements du Loiret et de la Nièvre.

L’évêque d’Auxerre fut pendant des siècles suffragant (soumis à l’autorité) de l’archevêque de Sens dont la Province ecclésiastique (ou archidiocèse) comprenait en outre, et jusqu’au XVIIe siècle, les diocèses de Chartres, Meaux, Nevers, Orléans, Paris et Troyes.

Le rétablissement du culte sous Napoléon 1er s’accompagna d’une refonte des diocèses, qui devaient désormais se calquer sur les départements créés en 1791. Le nouveau diocèse, érigé pour l’Yonne en 1821, se compose d’une partie des anciens territoires de ceux de Sens et d’Auxerre. Sens est alors choisi comme siège épiscopal, au détriment d’Auxerre dont la cathédrale devient dès lors simple église paroissiale. Mais le souvenir historique du siège auxerrois se perpétue de nos jours dans le titre officiel d’ »archevêque de Sens-évêque d’Auxerre ».

 

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