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Evénements historiques

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Jeanne d’Arc à Orléans, bas côté nord, 1913

Parce qu’elle est implantée au coeur de la cité, signe visible des pouvoirs religieux et politiques, la cathédrale fut le théâtre d’événements dont le rayonnement dépassa celui de la ville d’Auxerre, du fait soit des répercussions engendrées soit de la stature des personnages qu’y sont impliqués, de Jeanne d’Arc à Napoléon Ier.

 

Les grands événements historiques du Moyen Age

En 1359, en pleine guerre de cent ans, la ville tombe aux mains des Anglais ; pillages et spoliations du trésor mettent à mal les finances de la cathédrale.
Les travaux sont fréquemment interrompus.

En 1412, la « Paix d’Auxerre » est signée dans la cathédrale entre Armagnacs, partisans du roi de France, et Bourguignons.

L’assassinat du duc d’Orléans en 1407 avait relancé la guerre entre les deux clans. Après l’échec des affrontements aux sièges de Paris et de Bourges, les deux partis se donnent rendez-vous à Auxerre en août.

Dans une cathédrale inachevée mais parée de tentures d’or et de soie, se rencontrent le roi Charles VI et le dauphin, les ducs d’Orléans et de Bourgogne, d’autres grands féodaux, des prélats, des représentants des Parlements, des Universités et des grandes villes. Les deux adversaires se jurent enfin une « paix fraternelle » sur les Evangiles et les reliques. Un Te Deum clôt cette rencontre. Mais cette trêve sera de courte durée.

Sur le chemin qui la mène de Vaucouleurs en Lorraine à Chinon où elle veut rencontrer le jeune roi Charles VII, Jeanne d’Arc fait halte à Auxerre en février 1429 ; elle entend la messe en la cathédrale.

 

Les grands événements historiques de l’époque moderne

En pleine guerre de religion, les troupes protestantes s’emparent d’Auxerre la catholique et ravagent tous les édifices religieux de la cité. La cathédrale est sévèrement mise à sac en 1567-1568 : vitraux brisés, mobilier détruit et brûlé, reliquaires vandalisés, sépultures d’évêques profanées et sculptures des portails martelées ; le jubé édifié en 1523 est saccagé. La restauration de l’édifice est entreprise dès 1571 par le nouvel évêque jacques Amyot

La Révolution supprime le chapitre cathédral et le diocèse en 1790 et transforme Saint-Etienne en « Temple de la Raison » tandis que les trésors d’orfèvrerie sont envoyés à la fonte et les manuscrits dispersés.

Le jubé est abattu, on démonte stalles et grilles pour installer un théâtre en gradins destinés aux cérémonies civiques.

La statue de saint Etienne agonisant, située au-dessus du maître-autel, échappe à la destruction car on en fait alors un « Marat agonisant dans son bain ».

Les vitraux sont menacés de destruction, mais comme leur remplacement par du verre blanc coûterait trop cher, la décision est repoussée sine die.

La crypte romane devient dépôt des objets confisqués dans les églises démolies de la ville avant de servir de cave au préfet qui occupe l’ancien palais épiscopal contigu.

Les grands événements historiques de l’époque contemporaine

Débarqué de l’île d’Elbe pour sa reconquête des Cent Jours, Napoléon Ier fait halte à Auxerre en mars 1815. Il loge dans l’ancien palais épiscopal tout proche. C’est là qu’il rencontre le maréchal Ney, venu l’arrêter sur ordre de Louis XVIII, mais qui se rallie à son ancien empereur.
On retiendra aussi l’altercation verbale entre Napoléon et l’abbé Viart, monarchiste convaincu et premier curé de l’ex-cathédrale Saint-Etienne devenue paroisse.
L’empereur ayant fait convoquer le clergé de la ville, l’abbé Viart fit répondre qu’il viendrait après l’office, Dieu étant premier servi. Napoléon lui en fit amèrement le reproche.

En 1840, Prosper Mérimée inscrit Saint-Etienne sur la liste des édifices classés Monuments Historiques. Les grands travaux de restauration vont s’étaler tout au long du XIXe siècle. Viollet-le-Duc s’occupe de la crypte en 1844-1848 : consolidation des piles, restitution des baies d’origine, dallage du sol. Une grande campagne de travaux de l’édifice gothique est engagée en 1866 sous la direction de l’architecte Piéplu. Les vitraux sont restaurés ou complétés en 1866-1880 par le cartonnier Steinheil et les verriers Véssières frères, puis en 1925-1930 par David.

La guerre de 1870 est ici marquée par le tir d’une dizaine de boulets de canon prussien sur la cathédrale. L’un d’eux vient fracasser la verrière droite du chevet de la chapelle axiale.

Les bombardements qui touchent la ville basse (quartier du Pont) en 1940 puis 1944 n’affectent heureusement pas Saint-Etienne dont les verrières du déambulatoire avaient été déposées.

En 1948, la cathédrale et toute la ville reçoivent en grande pompe Monseigneur Roncalli, nonce apostolique à Paris, et futur pape sous le nom de Jean XXIII, qui vient ici présider avec solennité les fêtes du 1500e anniversaire de la mort de saint Germain d’Auxerre.

Depuis l’an 2001 , une vaste campagne de restauration générale de l’édifice a été lancée, financée par l’État, la Région Bourgogne, le Département de l’Yonne et la ville d’Auxerre. Gros œuvre et couvertures sont concernés. 2007 et 2008 verront la remise en état de la grande façade occidentale, avec, en particulier, la restauration des trois portails sculptés.